« Oh non ! Pas les Cafards de Montreuil ! » RSA débloqué à la CAF de Rosny

mardi 2 février 2010
Dernière modification : jeudi 17 novembre 2011

Ce vendredi matin, une douzaine de Cafards s’est donnée rendez-vous à l’aube pour débloquer le dossier d’un des leurs. Des allocs logement qui ne tombent plus et une demande de RSA qui tarde à être acceptée.

Quelques jours plutôt, à la CAF, notre ami Cafard, esseulé, s’est entendu dire que tout était en ordre et qu’il fallait attendre trois mois. Trois mois ? Et je vais vivre de quoi en attendant ? Ah si vous haussez le ton, lui répond l’agent, je ne débloque pas votre dossier. Soit.

Ils arrivent à 10 heures sur place. A la CAF de Rosny. La CAF de Rosny, ils la connaissent bien ; mais ils sont quelques uns à découvrir à quoi elle ressemble le matin. Il leur faut se rendre à l’évidence : il y a autant de monde que l’après-midi. Une queue incroyable qui part du premier guichet, serpente dans une première salle, puis fait le tour de la seconde normalement dédiée à l’attente, en station assise, d’un entretien personnel.

Ils en ont vu d’autres. Déterminés, les Cafards prennent place à la suite des autres allocataires. Une heure et quelques discussions dans les rangs plus tard, le Cafard au dossier bloqué arrive au premier guichet où un agent l’invite à s’asseoir dans la deuxième salle - qu’elle connaît pour en avoir fait le tour dans la queue - et à attendre que son nom apparaisse sur les trois téléviseur prévus à cet effet. Ces téléviseurs ont une double fonction : outre l’affichage du nom de l’allocataire dont le tour est venu de se présenter à tel ou tel bureau (désigné par une lettre), ils diffusent des conseils et des informations accompagnés d’une iconographie simplette. Par exemple, il est conseillé aux allocataires de ne pas s’asseoir à moins d’un mètre de distance l’un de l’autre, on leur fait aussi savoir qu’il vaut mieux ne pas se présenter grippé à la CAF mais préférer, le cas échéant, le téléphone. Il leur est enfin recommandé de ne pas frauder et la recommandation s’accompagne des peines encourues.

Un d’entre nous profite de ce deuxième temps d’attente pour collecter quelques renseignements sur les logements CAF, histoire de donner le change lors du prochain entretien d’évaluation de son contrat d’insertion ; un autre accompagne une amie, rencontrée là par hasard, pour l’aider à obtenir le fric qu’elle réclame depuis un an.

Arrive le tour de notre Cafard au dossier bloqué. Il passe - accompagné - la porte en verre. Les autres commencent à distribuer des tracts. Le vigile qui, d’un coup, comprend à qui il a affaire : « Oh non ! Pas les Cafards ! ». Suit le manège habituel : allez distribuer vos tracts dehors ! sous la pluie et dans le froid ? allez vous plaindre à la direction ! et pendant qu’un parlemente les autres distribuent. La sous-directrice : « Ah, vous nous aimez bien, hein ? » Non, ce n’est pas ça, mais vous êtes chargés de distribuer les allocs et vous ne le faites pas aussi simplement que vous le pourriez, alors...

En quinze minutes dans le box, le dossier est débloqué, une vague histoire de demande de RSA qui ne se serait pas mise en contact avec les aides au logement, un imbroglio informatico-bureaucratique qu’aucun agent n’avait réussi à déceler jusque-là et qui - magiquement - se dénoue.

Une toute petite victoire des Cafards que les allocataires présents félicitent de quelques applaudissements, sous le regard blasé de la sous-directrice.

À bientôt.


Nous ne voulons ni être gérés, ni être contrôlés.

Rendez-vous pour s’organiser face aux institutions sociales,
tous les mardi à partir de 14h au 9 rue François Debergue, m° Croix de Chavaux.

Ça s’appelle le Café des Cafards, et ça commence à peine.

cafardsdemontreuil riseup.net

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Adresse originale de l'article : http://www.cip-idf.org/spip.php?article4885