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A propos de la grí¨ve í la Commune - CDN d’Aubervilliers

Publié, le mercredi 3 octobre 2018 | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : mercredi 3 octobre 2018


Un conflit entre l’équipe de la Commune d’Aubervilliers et sa direction a donné l’occasion de diverses prises de positions publiques que nous publions ci-dessous.

Deux de ces tribunes soutiennent la direction : celle de M. Badiou et celle de M. Tackels. Une soutient les gréviste, elle est signée par M. Neveux.

Une manifestation de soutien aux grévistes aura lieu ce mercredi 3 octobre entre 18h et 20h30 devant le bí¢timent du théí¢tre. [1]

Le contenu des tribunes de M. Tackels et de M. Badiou est suffisemment préoccupant pour nous inciter í rappeler certains points qui ne sont pas des détails.

Le droit de grí¨ve est indiscutable, et sa remise en cause est inadmissible. Quelles que soient leurs raisons pour le faire, les salariés d’un Centre Dramatique National jouissent de ce droit í l’instar de n’importe quel salarié. Contrairement í ce qu’écrit M. Tackels, les grí¨ves de 2003 ne furent pas une répétition de l’incendie de la bibliothí¨que d’Alexandrie. Elles furent un événement décisif qui permit d’établir un rapport de force dont jouissent tous les intermittents depuis lors.

Nous sommes fiers de nous íªtre mis en grí¨ve en 2003, de l’avoir refait en 2014. Et nous sommes príªts í le refaire en 2018 et 2019 et aprí¨s, si les droits des chí´meurs, précaires, intermittents et permanents devaient íªtre í nouveau mis en cause.

L’actuelle directrice de La Commune, Marie-Josée Malis, doit le savoir, puisqu’elle était gréviste en 2014 au festival d’Avignon. Ni sa nomination í la direction d’un CDN, ni son élection í la présidence du Syndéac (Syndicats des directeurs de théí¢tres publics) n’ont pu nettoyer sa mémoire de combien la grí¨ve est difficile í décider, mais vitale í organiser et í tenir.

Dans une autre tribune, M. Badiou, dénoní§ant le travail de sape d’une partie de l’équipe du théí¢tre opposée í la direction, appelle í ce que le CDN d’Aubervilliers devienne « plus homogí¨ne encore í son goí »t du travail, de l’art théí¢tral et de l’amitié politique. ». Nous n’avons pas la míªme conception ni du travail, ni de la démocratie, ni du théí¢tre : si un directeur de théí¢tre est encarté dans quelque parti, tous les artistes, techniciens, personnels administratifs doivent-ils lui emboí®ter le pas dans ses convictions ?

Le dialogue ne se fait pas qu’entre amis, heureusement, le travail non plus, c’est une évidence. Nier cette vérité, c’est penser qu’on est libre de licencier, ou d’obliger autrui í se taire ou se démettre.

Le droit de grí¨ve, le droit du travail, les droits syndicaux, c’est - entre autres choses - ce que nous sommes nombreux í défendre et í avoir défendu dans des collectifs ou dans les tíªtes de cortí¨ges contre la loi Travail et son monde.

La Cip-Idf, n’est pas un syndicat, chacun le sait. Si nous nous sommes constitués en coordination, c’est bien parce qu’il nous semblait en 2003 qu’il y avait une forme politique í inventer au-delí des représentations syndicales traditionnelles. Pour autant, certains syndicats sont nos partenaires. Nous affirmons que le monologue patronal interdisant toute activité syndicale, ou visant í discréditer celle-ci par tous les moyens, est mortifí¨re, dangereux, que ce soit dans un hypermarché ou dans un théí¢tre.

Dans ce sens, ici encore, nous refusons l’exception culturelle. Le monde de la culture n’est pas indemne des conflits politiques, sociaux, ou humains. Vouloir les résoudre par le mépris, la rancÅ“ur confite depuis des années, la violence et l’arbitraire, sous le prétexte que tous les moyens sont bons puisque le projet est bon, c’est absurde.

Nous appelons la direction actuelle de la Commune í entendre les revendications des grévistes et y répondre de manií¨re digne de l’expérimentation sociale qu’elle prétend activer.

Ps : On nous apprend depuis Notre-Dame-Des-Landes que le groupe Vinci, promoteur du projet d’aéroport du grand Ouest, mais aussi maí®tre d’Å“uvre du mur anti-migrants de Calais sponsorise La Commune. Quelles conclusions tirer de ce partenariat en opposition manifeste avec les positions publiques de ce théí¢tre sur la question des exilés ?

Préavis de grí¨ve pour la journée du 20 septembre 2018 Théí¢tre de La Commune, CDN d’Aubervilliers

Les salarié.e.s du Théí¢tre de La Commune, centre dramatique national d’Aubervilliers, sont tou.te.s rassemblé.e.s autour d’une volonté tenace : travailler le plus efficacement possible í remplir les missions que ce lieu emblématique de la région parisienne s’est vu confier. La tí¢che est exaltante, le personnel impliqué, et l’organisation parfaitement « fonctionnelle » au moment de la prise de poste de Marie-José Malis en janvier 2014, comme elle l’explique elle-míªme dans un entretien avec Arnaud Laporte publié dans le trimestriel THEATRE(S), í‰té 2017.

Depuis, en 4 ans et í budget constant, 12 ruptures conventionnelles, 4 suppressions de postes, des restructurations dans chaque service, et des changements arbitraires d’attributions, ont lourdement désorganisé notre structure.

L’impossibilité de parler simplement du travail, le discrédit et la mise de cí´té d’une partie du personnel, ainsi que la désagrégation du dialogue social, ont tendu voire rendu impossibles les rapports dans l’entreprise.

Aujourd’hui, les salarié.e.s sont épuisé.e.s moralement, et parce que nous ne voulons pas voir cette situation perdurer ou s’aggraver, nous nous voyons contraints de déposer un préavis de grí¨ve reconductible í partir du 20 septembre 2018, de 0 heure í 24 heures.

Nous demandons :

- L’arríªt immédiat de pratiques de gestion du personnel nocives

- Le respect de l’institution représentative du personnel

- L’ouverture d’un audit social RH et, dans l’attente des conclusions :

. le maintien dans l’emploi, et dans leurs attributions, des salarié.e.s en poste . le gel de toute nouvelle création ou suppression de poste, et des restructurations en cours

Nous espérons, par cet acte fort, faire entendre notre volonté inébranlable de stopper un fonctionnement inopérant et pathogí¨ne, et de reconstruire tous ensemble une organisation de travail basée sur le respect des salarié.e.s, la confiance en leurs compétences, et la concertation.


Chí¨res amies, chers amis,

Vous savez ce que mon entreprise de pensée, philosophique, politique, artistique, doit au théí¢tre de la Commune dirigé par Marie-José Malis, surtout depuis que m’a été interdit, dans les faits, de continuer mon enseignement í l’Ecole Normale Supérieure. C’est encore en ce lieu devenu si singulier, si attachant, que sera ponctuée la sortie de mon dernier « grand » livre de philosophie, L’Immanence des vérités, les 1 et 2 octobre. Vous recevrez sur ce point un courrier séparé.

Ce théí¢tre, largement ignoré par la critique médiatique, í raison de ses engagements de toute nature, est aujourd’hui traversé par une crise, dont je trouve, personnellement, qu’elle ressemble í un complot. Voici une synthí¨se de la situation, tirée notamment d’un cri d’alarme lancé par la directrice du théí¢tre, Marie-José Malis, par moi ramené í ce que crois íªtre l’essentiel, et commenté dans des termes dont j’ai seul la responsabilité.

Il y a, au théí¢tre de la Commune une grande difficulté de travail avec quelques salariés hostiles í la direction et í son projet. Certains de ceux qui ont fréquenté ce théí¢tre récemment ont peut-íªtre remarqué des dysfonctionnements faisant symptí´me d’une crise cachée. Depuis quelques semaines, un conflit s’est ouvert plus explicitement : Une lettre a été adressée par ces quelques salariés en juillet aux tutelles pour dénoncer la direction. Pour le moment, il semble que les tutelles n’ont pas bronché. Un site Facebook a été ouvert qui dénonce la direction « pathogí¨ne » du théí¢tre de la Commune.

Cette campagne, il est difficile de l’arríªter vraiment, parce que ceux et celles qui la portent, sont des salariés protégés par leur mandat de représentants du personnel et délégués CGT. C’est une campagne dont on peut redouter qu’elle ira le plus loin possible : presse, calomnie, etc

Un préavis de grí¨ve reconductible a été déposé pour le 20, qui est justement la date de la premií¨re de Dom Juan, que la Commune reprend pour la rentrée. Cette crise et la désorganisation qui en résulte font craindre une trí¨s faible fréquentation de ce spectacle. La direction, et la large majorité de salariés du théí¢tre qui l’appuie, essaient de parer í ces menaces, mais il est évident que le travail risque d’íªtre fortement désorganisé. Le théí¢tre lance donc un appel pour qu’il y ait du monde dans la salle, que ses amis soient lí , durant les premiers jours de Dom Juan, pour que les comédiens aient le bonheur de faire leur métier, et que soit déclarée aussi, publiquement, notre amitié pour un vrai théí¢tre d’aujourd’hui. Les autres travailleurs du théí¢tre vont eux-míªmes prendre la parole. Il sera ainsi possible de « traiter » cette attaque de telle sorte que ce théí¢tre comme lieu devienne plus homogí¨ne encore í son goí »t du travail, de l’art théí¢tral et de l’amitié politique.

Je considí¨re comme relevant de tous mes engagements et de leur logique propre, de répondre í cet appel de la faí§on la plus constante et la plus présente. C’est pourquoi j’en informe tous ceux qui suivent le courrier sur mes activités.

Par ailleurs, j’invite tous ceux qui le peuvent matériellement í íªtre présents le jeudi 20 septembre, voire les jours qui suivront, pour que soit brisée une tentative qui, sous le pavillon d’un « syndicalisme » de pacotille, vise en fait í faire la sale besogne de tous ceux, hélas nombreux, que l’activité de ce théí¢tre — en plein milieu populaire, avec ses spectacles, son Ecole des Actes, ses larges ouvertures aux circonstances du lieu et du temps, novatrices et fraternelles — irrite et enrage. Ceux-lí , disons-leur qu’ils ne passeront pas.

Alain Badiou


Lettre aux grévistes du 20 septembre au Théí¢tre de la Commune

Depuis la cordillí¨re des Andes colombiennes oí¹ je vis maintenant, je viens de lire un « message indésirable » d’Alain Badiou, en furetant dans le monde électronique. Voici 24 heures qu’il m’est impossible de dormir.

Je l’ai découvert quasi en temps réel, au moment de la premií¨re représentation de Don Juan, et cela me rappelle de trí¨s, trí¨s mauvais souvenirs.

J’ai été le compagnon de route de Didier-Georges Gabily, jusqu’í sa disparition sidérante au mois d’aoí »t 1996, et je reste traumatisé « ” il n’y pas pas d’autre mot »” par ce qui s’est passé au mois de juillet 2003 : cinq mois de travail pour honorer la mémoire d’un immense poí¨te de la scí¨ne réduits en fumée en une minute "” l’annulation du festival d’Avignon 2003. Je pense que ceux qui ont vécu un tel moment savent trí¨s bien ce que représente ce geste. La bibliothí¨que d’Alexandrie en flammes. Impossible de mettre des mots sur un tel événement, comme sur celui de la disparition programmée du musée national de Rio de Janeiro.

J’apprends donc que vous allez faire grí¨ve, empíªchant ainsi la tenue de la premií¨re représentation de Don Juan au Théí¢tre de la Commune.

Je vous écris, míªme de loin, car cette situation m’importe, me préoccupe, et pour tout dire, me semble essentiel í la survie ou í la disparition de tout service public au service de l’art "” qui est notre horizon, dans les dix ans qui viennent, vous le savez aussi bien que moi.

Je vous écris, parce que je ne comprends pas ce qui se passe, et que je veux comprendre ce qui se passe.

Et je souhaite íªtre le plus clair que possible : je ne suis pas un ami de la directrice de votre théí¢tre. Quand j’ai été remercié de mon poste, essentiel pour la survie d’une politique publique au services des artistes, elle ne m’a fait aucun signe (comme la quasi-totalité de ses congéní¨res), mais c’est un signe de l’époque : nous sommes tous tellement occupés. Elle doit résonner en vous, cette phrase, ce mot, l’occupation, íªtre occupé : c’est pour tourner la page que se sont construit, avec courage et détermination, les premiers syndicats de l’aprí¨s-guerre en faveur du travail des artistes. Gérard Philippe fut une boussole sur ce chemin, et nous ne l’oublierons jamais.

Immédiatement j’ai reconnu en Marie-José Malis une trí¨s grande artiste, et cela n’a pu échapper í tous ceux qui regardent vraiment la scí¨ne. Je me souviens de ce soir d’hiver, oí¹ je prenais le bras de Philippe Lacoue-Labarthe, le souffle coupé, au bord de la mort, qui avait tenu í venir voir Å’dipe, le Tyran, sa pií¨ce obsessionnelle, í laquelle il dédia toute son existence, jusqu’í en disparaí®tre lui-míªme. C’est la dernií¨re pií¨ce de théí¢tre que Philippe a vue, et comme le rappelle si justement Ariane Mnouchkine, un acteur doit toujours jouer en pensant que dans la salle, il y a une personne qui voit du théí¢tre pour la premií¨re fois, et une autre qui vient voir son dernier spectacle. Marie-José Malis est une artiste d’évidence, une personne remarquable, qui quand elle est venue dans mon « bureau » du ministí¨re de la culture, en tant que responsable du nouveau département dédié í la recherche produite par les artistes, a tenu un discours que je n’avais jamais entendu : nos maisons doivent repenser l’acte de transmission, comment va-t-on passer le relais aux générations qui viennent ? Nous n’en sommes pas restés aux paroles, et quelques mois plus tard, le Théí¢tre de la Commune, aprí¨s le Théí¢tre humain trop humain de Rodrigo Garcia, accueillait une rencontre importante réunissant de nombreux artistes chercheurs "” oui cela existe, c’est míªme leur définition, leur ADN, comme on dit aujourd’hui dans les magazines. Je ne sais si vous mesurez l’importance de votre tí¢che, et celle de votre théí¢tre : l’histoire se souviendra qu’Alain Badiou y fit un acte mémorable, quelques jours aprí¨s les attentats de 2015 í Paris. Ici en Colombie, pays dédié í 50 ans de violences intestines, cette « conférence » est un levier essentiel. Grí¢ce í vous, qui avez ouvert la porte et allumé la lumií¨re dans ce théí¢tre, ce soir -í . Vous avez donc oublié ce soir-lí  ?

Et voilí que j’apprends ce matin que vous désavouez votre direction. Je voudrais comprendre : qui íªtes-vous, combien íªtes-vous, qui représentez-vous, que défendez-vous ? je vous écris pour avoir des réponses précises. Je vous écris surtout pour savoir « ” c’est finalement le seul terme précis qui m’est parvenu ici í Tinjaca, dans la cordillí¨re des Andes oí¹ je vis maintenant, loin des scí¨nes, avec mes chiens, mes chíªnes et mes oliviers »” ce que vous nommez une direction pathogí¨ne. Je voudrais comprendre. La langue que vous employez dans votre communiqué ne me parle pas, réellement, je ne la comprends pas, vous ne parvenez pas í nous faire comprendre ce qui se passe. Que signifie « le discrédit et la mise de cí´té du personnel » . Vous ne pouvez plus faire e la politique de cette faí§on, qui ainsi tue la politique pour longtemps. Expliquez-nous les faits, nous sommes capables d’entendre, et bien évidemment, vous avez des choses í dire, mais excusez-moi de vous le dire, en procédant de cette faí§on, vous détruisez votre outil de travail, et plus grave vous vous faites les fossoyeurs du service public, qui dans les dix ans í venir aura totalement disparu, si vous continuer dans vos hantises, morbides et obsessionnelles.

Une petite précision s’impose, puisque nous parlons de syndicalisme. J’ai adhéré au SNES, lorsque j’étais enseignant du secondaire. J’avais bien senti, d’emblée, que nous n’étions rien, de purs jouets corveables í merci. Depuis trente ans, je m’échine í écrire, un travail extríªmement ardu, sans aucune reconnaissance financií¨re. Soyons précis : j’ai écrit la biographie de Walter benjamin, et ce travail a été rémunéré 4 400 euros, et quelques centaines d’euros comme aumí´ne annuelle dans les années suivantes. Je viens de faire une « simulation de la retraite », et je vais recevoir 470 euros dans 9 ans, í l’í¢ge de 62 ans, ou 560 í l’í¢ge de 67 ans. Et pourtant je n’ai pas chí´mé, cela va sans dire, mes livres, 18 en tout, témoignent par eux-míªmes. Mais le plus drí´le (í pleurer) est que le formidable logiciel d’info-retraite m’a demandé de préciser le nombre d’enfants que j’ai omis de déclarer, car (sic) vous manifestez un grand nombre de congés parentaux non-déclarés. Ultime précision : comme Alain Badiou, je ne suis pas en mesure de continuer mon enseignement, parce que mon président m’a expressément demandé de démissionner de mon poste í l’université de Rennes 2. Une nouvelle qui ne me semble pas entrer dans vos « logiques de mobilisation », ou alors je me trompe, vous me direz.

J’ai en effet 18 enfants non déclarés, ce sont eux qui m’ont fait vivre, et ils n’entreront sans doute jamais dans aucune déclaration syndicale. Je cesserai de penser que vous avez détruit l’héritage essentiel dont vous íªtes malheureusement les uniques porteurs le jour oí¹ vous reconnaí®trez le travail intellectuel, comme complément inextricable de l’activité salariale. Ce qui n’est pas le cas, parce que vous faites d’ores et déjí parti des achetés par la bourgeoisie. Comment le dire autrement ? Vous íªtes pourtant rémunérés pour servir le travail « ” en l’occurrence une Å“uvre »” réalisé par des gens qui ne sont pas payés, au sens syndicaliste que vous donnez í ce terme, sans jamais le réviser ou le mettre en crise.

Permettez-moi de vous donner une définition de ce que vous nommez « ” quelle violence : mais vous avez donc dí » vivre de terribles affronts pour en arrivez í ce terme : DITES-LES NOUS C’EST VOTRE DEVOIR, sinon, quoi ? »” une direction pathogí¨ne. Une direction est aujourd’hui pathologique quand elle tente de corriger ses propres défauts. Je peux aujourd’hui le dire publiquement : j’ai été trí¨s élégamment remercié du Ministí¨re de la Culture parce que j’ai proposé quelques remí¨des í la dinguerie qui dirige nos services publics (sommés de travailler í leur propre destruction, jour aprí¨s jour, je prépare un livre pour en témoigner, trí¨s concrí¨tement, puisqu’ils ont fait l’erreur de me faire rentrer dans l’antre de l’ogre)

J’ai une seule question : pourquoi vous transformez-vous en ennemi de votre propre cause ? Vous pensez vraiment qu’en ayant la peau de Malis vous allez sauver la ví´tre ? Si vous faites vraiment de la politique, vous me répondrez.

A dessein, je n’ai pas voulu m’informer de ce qui s’est passé hier, lors de la premií¨re de Don Juan. Je vous rappelle simplement que la premií¨re représentation de cette pií¨ce s’est fort mal terminée, et que les cartons (pií¨ces portés au manuscrit pour censurer les passages illicites) ont remporté la manche. Et les éditions scolaires continuent d’ailleurs í colporter cette version édulcorée.

Je vous rappelle que Didier-Georges Gabily est mort í Nanterre, alors qu’il répétait Don Juan. Je vous rappelle que Gabily allait íªtre nommé au Centre dramatique d’Aubervilliers, avec Chantal Morel, et Franí§ois Tanguy (une pure utopie, pour le coup, mais bien réelle). Il n’aurait sans doute pas supporté vos postures victimisantes (encore une fois, si vous íªtes victimes d’une quelconque offense, dites-le, soyez précis), et il vous aurait invité í boire un coup, et il aurait simplement parlé du travail.

Je vous le rappelle, car je sais que vous savez tout cela, míªme si on vous interdit de le penser et donc de le dire : j’ai la plus grande estime pour les employés des théí¢tres, leur travail, si souvent souterrain et non reconnu, c’est l’évidence, j’ai appris la scí¨ne depuis leur parole, í Rennes, í Montluí§on, í Gennevilliers, í Nanterre, ils se reconnaí®tront, chacun. Sans ignorer la division de classe qui opí¨re, insidieusement, en ces lieux oí¹ nous pensons qu’elle n’existe plus. Quelle illusion

Il nous faut donc balayer devant notre porte, í l’évidence : pourquoi ce soulí¨vement pathétique ? Et dans ce lieu í bien des égards exemplaire ?

J’aimerais vraiment "” et j’écris cette lettre dans ce but : que vous nous éclairiez, pour que nous puissions avancer.

Je voudrais juste terminer cette lettre en saluant mon ami Jack Ralite. Avec Jean-Marc Adolphe, je crois que nous avons fait un entretien unique, oui unique, avec ce grand Monsieur de la chose publique. Il a terminé l’entretien en pleurs, il n’avait jamais dit tout cela qu’il nous dit, et qu’il va nous falloir rendre public, trí¨s prochainement.

Vous ne pouvez pas confisquer la parole publique, pas dans ce lieu, pas dans cette histoire, vous devez la partager, et ce n’est pas une histoire privée, je ne parle pas ici de vos salaires, qui doivent plutí´t se porter bien, je parle de votre responsabilité : vous íªtes les héritiers de Ralite, comme Malis, comme Sacard, comme Tackels, et vous devez, nous devons répondre í cette question : comment continuer les Etats généraux de la culture ? Ma seule réponse : en faire les états généraux de l’art. Sans réponse í cette question, il vaut mieux vous reconvertir dans d’autres domaines du salariat, oí¹ vous serez assurément beaucoup moins bien traités, vous le savez parfaitement, jusqu’í l’extinction complí¨te de votre corps.

Je vous souhaite longue vie, autour du plateau, qui est í "˜évidence l’un des lieux les plus magiques que le monde ait pu porter,

Y suerte por su luchas

Bruno Tackels


Cher-es salarié-es en lutte du Théí¢tre de la Commune,

Je souhaite accompagner ma modeste contribution í la caisse de grí¨ve de quelques mots.

Je ne connais certainement pas tout de la situation, des choses m’échappent et, initialement, je ne pensais pas m’engager. Depuis le début de cette lutte, je n’ai évidemment jamais songé í soutenir la direction, il y va d’une éthique minimale : lorsque des salarié.es protestent contre ce qui est fait í leurs conditions de travail, quoi que l’on pense du conflit en cours et malgré l’estime voire l’admiration que l’on peut avoir pour les artistes-dirigeants, í l’heure du rapport de forces, on ne se rallie pas au patronat.

J’étais bien sí »r solidaire de vos revendications, par ailleurs mesurées et minimales :

« L’arríªt immédiat de pratiques de gestion du personnel nocives ; Le respect de l’institution représentative du personnel ; L’ouverture d’un audit social RH et, dans l’attente des conclusions ; le maintien dans l’emploi, et dans leurs attributions, des salarié.e.s en poste ; le gel de toute nouvelle création ou suppression de poste, et des restructurations en cours ».

Je pensais pourtant ne pas intervenir de suite, documenter ce conflit, écrire plus tard "” tout en ne camouflant rien de ma sympathie pour votre mouvement.

J’entretiens avec ce théí¢tre des liens particuliers.

J’ai soutenu le projet de sa directrice. J’ai espéré qu’elle réussirait. J’ai été, í son arrivée, impressionné par la radicalité et la clarté de son désir (par sa faí§on aussi de soutenir le recours í la grí¨ve, minoritaire, lorsque la situation la rendait impérative, í l’époque du festival d’Avignon). Je l’ai dit, écrit lorsque son spectacle Hypérion a été éreinté par la critique. J’ai fait cours sur son oeuvre í l’université et dans les écoles d’art. Je crois míªme qu’il n’y a pas beaucoup d’autres universitaires qui puissent se prévaloir d’autant de temps de travail consacré í ce théí¢tre et í des oeuvres qui s’y sont produites. Cela ne me donne aucun droit mais assurément des scrupules.

Bien sí »r, comme beaucoup, depuis plusieurs mois, je n’avais plus le míªme enthousiasme.

Je ne voyais plus trí¨s bien ce qui distinguait vraiment La Commune.

Sinon :
- sa faí§on de faire constamment la leí§on (radicale) sans grands motifs au reste du monde ;
- son désir d’occuper le temps désÅ“uvré de quelques derniers compagnons politiques des diverses et successives organisations militantes d’Alain Badiou ;
- Et il est vrai, aussi, son engagement ostensible vis-í -vis des migrant.es, mené sous le haut-commissariat de Judith Balso, avec la bienveillante onction de l’ex-Préfet Leschi et dans la continuité idéologique des thí¨ses de feu « l’Organisation politique » (le mouvement créé dans les années 1980 par, entre autres, Alain Badiou et Judith Balso et que copient laborieusement et presque parodiquement les textes de la Commune) "” ce que d’autres théí¢tres font eux aussi, plus discrí¨tement, et avec moins de dogmatisme.

Il n’empíªche : je continue í penser que ce projet í de nombreux égards est fort.

J’aurais aimé qu’il réussisse.

J’espí¨re qu’il n’est pas trop tard.

Mais je suis í cette heure révolté par les arguments qui circulent afin de vous discréditer, les méthodes employées contre la manifestation de votre lutte et la faí§on que l’on a de refuser de vous écouter.

Je ne parle míªme pas de l’immonde lettre de Bruno Tackels diffusée sur Facebook, qui depuis sa propriété colombienne, vous somme de lui rendre des comptes, lors míªme que de son propre aveu il n’y connaí®t rien et mélange tout, pour une fois encore, finir par ne parler que de lui. Ce qui se diffuse sur vous tend í confirmer ce que vous dénoncez. On y lit un insupportable mépris, sinon une haine, d’aristocrates pour une plí¨be inculte et conservatrice, inapte í l’Art, arc-bouté sur ses droits (ses privilí¨ges).

Ainsi d’une lettre de Valérie Lafont, « directrice déléguée aux projets et dispositifs nouveaux », qui me décide í vous écrire et í intervenir. Je ne reviens pas sur l’indigence de ses arguments supposés faire la « retape » (je ne vois pas d’autres mots) pour le Dom Juan mis en scí¨ne par Marie-José Malis : « Les amoureux et amoureuses du théí¢tre, ceux et celles qui en attendent encore quelque chose, ou tout simplement ceux et celles qui cherchent, vivent, une autre sensibilité, profonde, pourraient en íªtre bouleversées »... Cette vulgarité de publicitaire, entre développement personnel et grandiloquence creuse, tranche sur la tenue de la pensée dont se prévaut le théí¢tre.

Mais lí n’est pas la question principale.

Non, j’ai été frappé par le premier paragraphe.

Je cite : « Il est sans doute peu commun d’íªtre salarié d’une organisation, un théí¢tre, mené par « une direction » qui veut Å“uvrer í la réalisation d’un projet émancipateur -ou utile ou expressif ou tout autre vocable de votre choix - autant pour le théí¢tre lui-míªme que pour la population du territoire qui l’accueille, ce qui nécessite d’expérimenter, d’y aller í pleines brassées dans tous les antagonismes dont le maintien fait l’ordre social, et donc d’assumer aussi les contradictions de ses positions et ressources sociales. Cela implique aussi de faire autrement qu’un théí¢tre qui porte la bonne parole dans un grand mythe pastoral de « vulgarisation » voire de « démocratisation ». Et cela est trí¨s réellement difficile pour les salariés d’un théí¢tre, centre dramatique national í Aubervilliers, qui ne sont ni habitués ni « formés » - qui l’est ? »

J’ai dí » le relire plusieurs fois.

« Assumer aussi les contradictions de ses positions et ressources sociales » : est-ce la faí§on euphémisée de légitimer la violence sociale ?

Que veut dire tout cela ?

Que vous ne voulez pas apprendre í íªtre émancipé.e et, mieux encore, í devenir puissance émancipante ! Peut-íªtre míªme n’en íªtes-vous pas capables ? C’est que l’émancipation est un don, de toute évidence, trí¨s inégalitairement distribué. D’ailleurs, la lettre le dit plus loin : vous íªtes manipulé.es... Vous ne pensez pas par vous-míªmes. Emancipé.e de quoi, de qui ? Nous ne le saurons pas. L’émancipation est un mot creux, un signifiant vide. Cette prose est, í vrai dire, un symptí´me : les mots n’ont plus aucun sens. L’on peut í loisir s’en servir de faí§on inconséquente. Quelle arrogance de se concevoir comme l’émancipation en marche. En marche. Et qu’est glaí§ante cette certitude d’incarner le Bien.

Plus loin, dans cette lettre que vous avez mis en ligne, vous íªtes délégitimé.es parce que minoritaires. Je croyais, pourtant, pour avoir lu le « Philosophe », que nulle vérité ne se trouvait nécessairement dans le fait majoritaire. Qu’une majorité ne témoignait, dans l’ordre des vérités, de rien d’autre que du fait d’íªtre majoritaire. (J’ai beau d’ailleurs compter et recompter : 10 salarié.es en grí¨ve sur 18 permanent.es hors direction, cela ne fait pas une minorité, passons...)

Une autre lettre désolante, qui précí¨de de peu celle de Valérie Lafont, provient d’Alain Badiou, tenté d’y voir, lui, « un complot »... Il fallait au moins cela pour expliquer que des salarié.es protestent contre l’Emancipation.

Il est vrai que l’on parle le « Badiou » dans ce théí¢tre. C’est míªme visiblement la condition pour ne pas y íªtre malheureux.

Quelle tristesse, cinquante ans aprí¨s 68, lors míªme qu’on se revendique de la fidélité í cet événement, de se faire, í l’occasion d’un conflit social le porte-voix d’une direction "” í moins que la seule fidélité qui vaille soit moins dédiée aux intéríªts des travailleurs qu’í celle d’une indéfectible, permanente et an-historique haine de la CGT.

De l’art gauchiste de savoir repérer les contradictions principales. Badiou y rapporte ce qui semble provenir d’un courrier de Marie-José Malis, í moins que cela ne soit de lui, c’est égal.

Je cite : "Il y a, au théí¢tre de la Commune une grande difficulté de travail avec quelques salariés hostiles í la direction et í son projet. Certains de ceux qui ont fréquenté ce théí¢tre récemment ont peut-íªtre remarqué des dysfonctionnements faisant symptí´me d’une crise cachée. Depuis quelques semaines, un conflit s’est ouvert plus explicitement : Une lettre a été adressée par ces quelques salariés en juillet aux tutelles pour dénoncer la direction. Pour le moment, il semble que les tutelles n’ont pas bronché. Un site Facebook a été ouvert qui dénonce la direction « pathogí¨ne » du théí¢tre de la Commune. Cette campagne, il est difficile de l’arríªter vraiment, parce que ceux et celles qui la portent, sont des salariés protégés par leur mandat de représentants du personnel et délégués CGT. C’est une campagne dont on peut redouter qu’elle ira le plus loin possible : presse, calomnie, etc. Un préavis de grí¨ve reconductible a été déposé pour le 20, qui est justement la date de la premií¨re de Dom Juan, que la Commune reprend pour la rentrée. Cette crise et la désorganisation qui en résulte font craindre une trí¨s faible fréquentation de ce spectacle. La direction, et la large majorité de salariés du théí¢tre qui l’appuie, essaient de parer í ces menaces, mais il est évident que le travail risque d’íªtre fortement désorganisé. Le théí¢tre lance donc un appel pour qu’il y ait du monde dans la salle, que ses amis soient lí , durant les premiers jours de Dom Juan, pour que les comédiens aient le bonheur de faire leur métier, et que soit déclarée aussi, publiquement, notre amitié pour un vrai théí¢tre d’aujourd’hui. Les autres travailleurs du théí¢tre vont eux-míªmes prendre la parole. Il sera ainsi possible de « traiter » cette attaque de telle sorte que ce théí¢tre comme lieu devienne plus homogí¨ne encore í son goí »t du travail, de l’art théí¢tral et de l’amitié politique ».

Que sous-entend ce texte lorsqu’il regrette de ne pouvoir « arríªter vraiment » cette « campagne » puisque les salarié.es sont protégé.es par le droit syndical ? Qu’auraient-ils donc vécu si les salarié.es n’étaient pas légalement protégé.es ?

Le conflit est présenté ainsi : les syndicats conservateurs, attachés í leurs privilí¨ges, immobiles, scandaleusement protégés par le droit du travail entravent une direction progressiste, animée par une vision neuve, ajustée aux temps nouveaux, révolutionnaire et radicale. Avec le chiffon rouge agité de la CGT et les salarié.es qu’il faut émanciper de leurs vieilleries (contre leur gré).

Efficace comme la prose gouvernementale. Qui ne déteste pas l’immobilisme et le conservatisme ? Qui peut ne pas soutenir l’Art menacé par une poignée d’individus malveillants et égoí¯stes ? Qui ne souhaiterait le bien commun plutí´t que ces corporatismes d’un autre temps ? Qui n’aime pas l’amitié ?

Rien ne distingue ce discours de celui du pouvoir il y a quelques mois contre les salarié.es de la SNCF, contre celles et ceux de la poste (et nos ami.es, notamment, í cette heure, du 92).

C’est le míªme. Homogí¨ne í celui de toutes les destructions des services publics.

Mais il est vrai que Marie-José Malis est reí§ue avec grands égards depuis plusieurs mois í l’Elysée oí¹ elle travaille í réformer « l’archaí¯sme » des CDN et notamment celui d’Aubervilliers. La différence entre la rhétorique patronale classique et celle employée ici, c’est que le théí¢tre s’avance persuadé de sa légitimité í incarner le Bien.

Que les employeurs sont dans le déni public de la brutalité des rapports salariaux et d’assujettissements qu’ils exercent. Que leurs compagnonnages avec quelques icí´nes et alibis de la radicalité semblent autoriser toutes les pratiques. Le sabre de l’Art et le goupillon du Beau en mains. Et surtout que cette rhétorique est encore persuasive.

D’oí¹ vient, en outre, qu’une institution de service public devrait íªtre idéologiquement « homogí¨ne » ? Car que signifie : "son goí »t du travail, de l’art théí¢tral et de l’amitié politique » ? Que les salarié.es, en l’occurrence, n’ont le goí »t ni du travail ni de l’art théí¢tral ? Et que signifie cette amitié politique ? Que l’expression désigne les affinités politiques de l’amitié ou l’ontologie amicale de la politique, sa mention étonne "” inquií¨te. Marie-José Malis ne dirige pas une « compagnie start-up », ni je ne sais quel regroupement d’adeptes qui se renforcerait en s’épurant. Ce qu’elle pourrait faire.

Non, lí il s’agit d’un théí¢tre public.

Oí¹ va-t-on si demain la condition du travail est d’íªtre homogí¨ne au projet des directions et í « l’amitié politique » ? Il faut d’ailleurs lever un soupí§on. Pour avoir vu certaines d’entre vous travailler, aux relations avec le public, je sais í quel point vous avez défendu ce projet, que vous n’y íªtes pas hostiles et que, parfois, je peux en témoigner, vous avez rattrapé par votre dévouement l’inconstance et le dilettantisme notoire de la co-direction.

La question qui me fait intervenir est celle-ci : combien de temps continuera-t-on í accepter que certains, abrités par les noms glorieux d’émancipation et de radicalité, en profitent pour les retourner en leur contraire, en faire des armes contre le droit social et aux profits de leurs souverains intéríªts ?

Quelques anciens amis artistes ont signé un texte de soutien í la direction au cours d’une Assemblée Générale "” il est vrai qu’ils sont engagés par cette míªme direction qui les produit et les distribue.

Qu’ils le fassent est une chose.

Mais qu’ils nous dispensent í l’avenir des discours échauffés sur la lutte, l’émancipation, le communisme, la positivité absolue.

La preuve du pudding c’est qu’on le mange, celle de la lutte qu’on la soutient quand elle survient, aussi contraire í nos intéríªts immédiats soit elle. La faí§on dont le rouge vire au jaune annonce bel et bien, parfois, « la naissance d’une tragédie ». La chose est assez simple. Ce qui la rend opaque est l’habileté d’une direction í se réclamer d’une trí¨s abstraite « émancipation » pour asseoir son autorité et son pouvoir.

Que demandez-vous ? Etre protégé.es d’un management pathogí¨ne, l’ouverture d’un audit social et l’interruption des restructurations salariales en cours. Pourquoi la direction n’accepte-t-elle pas ? Quelles sont, dans cette liste, les revendications scandaleuses ? Pourquoi ne pas avoir ouvert de suite des discussions ? Quelle redoutable violence : vous n’íªtes míªme pas í ses yeux un interlocuteur valable. On peut vous laisser attendre, vous mépriser.

Je m’arríªte lí . Il en faut du courage pour oser ainsi protester. Il en faut de la détermination « ” et de la souffrance accumulée »” pour íªtre ainsi désigné.es í la vindicte du « No Pasaran » du « philosophe-franí§ais-le-plus-traduit-dans-le-monde ». Vous pouvez faire ce que vous voulez de ce mail, y compris le rendre public. J’espí¨re ardemment que vos revendications trouveront satisfaction. Que le projet de Marie-José Malis cesse d’íªtre une souffrance pour celles et ceux qui y dédient leurs journées et leur travail. Et qu’il redevienne ce qu’il pourrait íªtre.

« On a toujours raison de se révolter contre les réactionnaires », disait l’une des pensées matricielles de l’intervention politique badiousienne.

Les réactionnaires, ici, ce ne sont pas celles et ceux qui défendent leurs conditions de travail. Les réactionnaires ce sont celles et ceux qui justifient la maltraitance au nom de l’Art et la brutalité managériale par la Beauté.

Olivier Neveux





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