CIP-IdF/Commune Libre d'Aligre : 3 rue d'Aligre-75012-Paris / Tél: 0140345974 Contact Plan


Suivez la CIP

             

Abonnement liste infos

Abonnement liste de discussions et débats

L'essentiel

 

recherche :

Accueil  >  Communiqués  >  Année 2017  >  Autres communiqués  >  Arrestations et incarcérations politiques, Rennes laboratoire de la répression

Arrestations et incarcérations politiques, Rennes laboratoire de la répression

Publié, le lundi 3 juillet 2017 | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : lundi 3 juillet 2017


Arrestations politiques dans Rennes : communiqué des í‰ditions Pontcerq

Des arrestations politiques d’une trí¨s grande violence ont eu lieu dans plusieurs appartements, í Rennes, au matin du 30 mai dernier. Depuis, cinq militants politiques, qui ont refusé la comparution immédiate, sont en détention.

Nous, Pontcerq, faisons ce communiqué, ce mardi 6 juin, et relayons cette information autour de nous : pour la raison que ces arrestations ont eu lieu dans un silence presque total dans les médias.

Les journaux sont occupés ailleurs. Ou alors : on ne sait plus trí¨s bien situer, aprí¨s bientí´t deux ans d’état d’urgence et des milliers de perquisitions, ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas. (On le sait pour la Turquie, la Russie, les autres pays.)

De telles opérations de police ciblées, précises, ne peuvent avoir été pensées et décidées qu’en haut lieu. Elles poursuivent un but évident : briser des groupes de résistance politique.

Les groupes auxquels on s’en prend aujourd’hui se sont battus par exemple contre la loi « travail » au printemps 2016. En les éliminant on ne cherche míªme pas í les punir : on les empíªche préventivement de s’opposer í ce qui va venir [1] .

Ce qui se passe maintenant n’est plus seulement un spectacle écÅ“urant d’intimidation : c’est réellement que quelque chose est en train, sous nos yeux, d’íªtre expulsé, détruit, liquidé – de manií¨re trí¨s décidée et froidement commandée, sous l’action de brigades policií¨res : la possibilité d’une résistance politique.

Nous déclarons notre soutien aux cinq personnes détenues, í leurs proches, í leurs camarades, í tous ceux de leur camp. Ainsi qu’í toutes les autres victimes, í Rennes et ailleurs en France, des méthodes ultra-violentes d’intimidation, d’incarcération politique [2].

Nous sommes de leur camp contre un pouvoir aussi foncií¨rement policier, aussi foncií¨rement anti-politique.

Pontcerq,
Rennes, le 6 juin 2017 (Au cours de l’état d’urgence, en France, pour la cinquií¨me fois prolongé)

Nota bene :

La violence de l’opération de police a été racontée dans lundimatin (revue en ligne). Les raisons alléguées par la police pour l’arrestation des sept personnes le mardi 30 mai ont été exposées dans lundimatin : ces raisons ne sont pas tenables.
Il est imprudent – objectera-t-on – de s’en tenir í ce que dit lundimatin, aux seuls dires de lundimatin : mais aucun autre média n’a parlé. Que d’autres enquíªtent aussi, s’ils peuvent... Dans un cas comme celui-lí , tellement violent, la preuve est bien í faire de l’autre cí´té ; du cí´té de ceux qui ont tiré les armes, et qui continuent í les tirer.

UN POLICIER BRAQUE SON ARME SUR UNE MANIFESTATION, CINQ DES MANIFESTANTS SONT ACCUSí‰S DE VIOLENCE SUR AGENT

Le 27 avril dernier, í Rennes, au cours d’une manifestation politique de l’entre-deux-tours, le dispositif policier est trí¨s impressionnant. í€ un moment, un motard esseulé prend peur, brandit son arme de service et la braque vers les manifestants. Quelques personnes vont vers lui, lui crient de se calmer et de baisser son arme. Une vidéo toujours en ligne témoigne de cela.

Un mois plus tard, le 31 mai, sept Rennais, dont deux mineurs qui seront relí¢chés plus tard, sont arríªtés, placés en garde en vue. On ne les a pas convoqués : on est venu les prélever í leur domicile, í 6 heures du matin, au moyen d’une brigade de police opérant avec une grande brutalité. Comme c’est leur droit, les prévenus refusent la comparution immédiate, la procureure (auparavant en poste í l’antiterrorisme) les considí¨re coupables. « Quand on est innocent [...] on cherche í prouver son innocence dí¨s qu’on le peut. », déclare-t-elle. Les juges décident de les placer en détention provisoire. L’affaire sera jugée le 21 juin prochain.

Ces cinq personnes sont donc actuellement sous les verrous au motif de « violences sur agent ». Un policier braque une arme sur une manifestation et cinq des manifestants sont accusés de violence sur agent. La seule arme dont on accuse pour l’instant ces personnes d’avoir été en possession est un pommeau de douche.

Une question se pose : des décisions n’ont-elles pas été prises dans la seule fin de briser le milieu militant í Rennes ? Sous couvert de l’état d’urgence et en cherchant en permanence í jouer l’amalgame avec le terrorisme, on inculpe, enferme, condamne des groupes militants sous des prétextes souvent grotesques ou pour des faits absolument bénins. Ainsi certains sont recherchés par la police comme de dangereux criminels : au final de l’enquíªte, on leur reproche un vol de palettes retrouvées sur un blocage. D’autres, dans l’affaire Balgelstein, sont incarcérés pour avoir dénoncé des publicités sexistes. Les interdictions de manifester sont devenues la norme et n’étonnent plus personne.

Amnesty international, dans son rapport du 31 mai 2017 note que l’application de l’état d’urgence a restreint de manií¨re préoccupante le droit de manifester et se voit obliger de rappeler qu’en France également manifester est un droit. Au-delí de ce droit, c’est la possibilité míªme de faire de la politique qui est aujourd’hui attaquée. L’espace politique semble se réduire chaque jour comme peau de chagrin. Et les violences dont sont victimes les militants n’ont-elles pas aussi pour but de dissuader tous ceux et celles qui voudraient s’engager politiquement dans les mouvements sociaux qui s’annoncent ?

On est bien en train de vivre, aujourd’hui, un moment de bascule : de faí§on évidente l’état d’urgence est utilisé pour éliminer des adversaires politiques en les brisant par des arrestations, des condamnations í la prison ferme et des intimidations variées. Rappelons que la plupart de ces militants ont participé au printemps 2016 au mouvement qui s’est opposé í la loi « Travail ».

Nous tenons í rappeler que si nous sommes acteurs de la vie culturelle, artistique, intellectuelle et politique, nous sommes aussi soucieux de la démocratie véritable qui doit permettre l’expression du conflit politique. On ne résoudra pas la crise politique que traverse notre pays en réprimant et en emprisonnant toutes les voix dissidentes. Ces voix-lí sont précieuses, aujourd’hui plus que jamais.

En signant ce texte, nous souhaitons :
1° apporter notre soutien aux militants politiques incarcérés ;
2° alerter l’opinion publique sur une dérive policií¨re du pouvoir qui est en train de transformer, trí¨s lentement, trí¨s sí »rement, notre société en une autre.

Rennes, le 13 juin 2017

Bernard Aspe (philosophe), Karine Baudot (écrivaine et photographe), Franí§oise Bauduin (Enseignante retraitée), André Bernold (écrivain), Sylvain Bertrand (écrivain), Thierry Beucher (comédien), í‰ditions des Bricoles, Nathalie Burel (écrivaine), Cyril Cléran (éditeur et auteur), CIP Bretagne, í‰ditions du Commun, Christian Debroize (libraire), Michel Dugué (écrivain), Armand Farrachi (écrivain), Valérie Faucheux (Conseillí¨re municipale de Rennes), Franí§oise Gí¨ze (ex-PDG Editions La Découverte), Jean-Marie Goater (í‰diteur, Maire-adjoint de Rennes), Gérard Hamon (écrivain, historien des mathématiques), Yannick Le Gargasson (conseiller municipal de Rennes), í‰nora Le Pape (candidate France insoumise, Rennes), Jean-Claude Leroy (écrivain), Dominique Leseigneur, Yann Lestréhan (photographe), Maison de la grí¨ve, Mandragore (éditrice et dessinatrice), Charlotte Marchandise (Maire adjointe de Rennes), Pierre Macé (illustrateur), Norbert Maudet (écrivain), Roland Michon (réalisateur), NPA Rennes, David Perrot (artiste), Catherine Phalippou (Conseillí¨re municipale de Rennes), í‰ditions Pontcerq, Lucie QZN (illustratrice), Wilfrid Salomé (écrivain), Olivier Sarrouy (maí®tre de conférence), Claude Schopp (éditeur), Léonard Taokao (écrivain), Jean-Paul Tual (conseiller municipal de Rennes), í‰ric Vuillard (écrivain). ...



Notes :

[1] Un nouveau président de la République (Emmanuel Macron) a été récemment élu.

[2] Le préfet de région, qui s’est occupé de la répression des mouvements politiques í Rennes jusqu’au printemps 2016 (Patrick Strzoda), a été nommé depuis Chef de cabinet du président de la République Emmanuel Macron ; il est passé entre-temps par le ministí¨re de l’Intérieur. Les priorités policií¨res du nouveau pouvoir sont évidentes. Certains « foyers » doivent íªtre liquidés « avant l’été » (des réformes viennent).

Non ! Braquer une manifestation n’est pas un geste responsable., Communiqué du Collectif contre la criminalisation du mouvement social, 7 mai 2017.

Un autre exemple de menée judiciaro-policière àRennes, la mise en cause en tant qu’« ’association de malfaiteurs » : Contre le contrôle judiciaire. Appel àsoutenir les inculpés du métro



Retour en haut de page

 

Retour en haut de page

Commissions | Compte-rendus | Communiqués | Actions ! | Photos, sons, vidéos
Textes officiels | Nouveau modèle | Coordination nationale | Liens | Archives
Accueil | Plan du site | Contact
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
SPIP | squelette | | Suivre la vie du site RSS 2.0