CIP-IdF/Commune Libre d'Aligre : 3 rue d'Aligre-75012-Paris / Tél: 0140345974 Contact Plan


Suivez la CIP

             

Abonnement liste infos

Abonnement liste de discussions et débats

L'essentiel

 

recherche :

Accueil  >  Commissions  >  Droits des intermittents (CAP)  >  Les indus des recalculé(e)s : Pí´le Emploi, une machine grippée

Les indus des recalculé(e)s : Pí´le Emploi, une machine grippée

Publié, le jeudi 29 octobre 2009 | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : vendredi 20 novembre 2009


Suite í une erreur informatique de Pí´le Emploi, prí¨s de 500 intermittents ont perí§u trop d’indemnités. Ils doivent í présent les rembourser. Pas si simple de recalculer.

Reportage au Pí´le Emploi Vicq d’Azir oí¹ tout le monde s’arrache les cheveux

Vendredi 10 heures, début de journée extraordinaire au Pí´le Emploi Vicq d’Azir, dans le 10í¨me arrondissement de Paris, une agence í la mine défraí®chie, dédiée aux « intermittents ». Valérie, Amandine, Elise, Céline et d’autres sont venues investir le lieu avec poussettes et enfants, í l’appel de la Coordination des Intermittents et Précaires (CIP). « Bonjour, on occupe », la décontraction est de mise, l’habitude sans doute. Le dossier des « recalculées » est un véritable casse-tíªte, alors depuis des semaines, elles occupent, demandent des explications, égrí¨nent la longue liste des dysfonctionnements qui jalonnent leur « affaire ».

Comédienne, monteuse, directrice de casting, « nous avons ont en commun d"˜avoir été en congé maternité l’an dernier, au moment de la mise en place d’un nouvel outil informatique au sein des Pí´les Emploi Spectacle », explique Amandine. Mal paramétré, le systí¨me a, pendant des mois, comptabilisé en travail prí¨s de 500 intermittents en congé maternité et maladie. Leur taux d’indemnisation ont grimpé. Certains s’en sont étonnés. « Tout est normal » leur a-t-on répondu. Valérie a míªme eu un coup de fil lui annoní§ant : « Nous vous devons 3 000 € de plus ! ».

Pí´le Emploi mettra plus de 6 mois pour s’apercevoir du problí¨me. Quand l’erreur est repérée, « nous n’avons droit í aucune information, aucune explication. Je reí§ois un simple avis de situation, avec mon taux revu í la baisse, et le montant des sommes í rembourser : 3 200 € ! », précise Elise. D’autres doivent restituer 2 200 €, 3 949 € et jusqu’í 7 165 €.

« Je ne vous vois inscrite nulle part »

Ce matin, Amandine a rendez-vous avec un agent Pí´le emploi. Elle a pris prétexte de cet entretien pour venir accompagnée. La directrice des lieux, fraichement nommée, s’étonne « Vous avez un rendez-vous ? Par le 39-49 ? Je ne vous vois inscrite nulle part. Vous savez pourtant qu’il vaut mieux ne pas appeler le 39-49 pour í§a ! ». Quelques jours auparavant, le médiateur national du Pí´le Emploi, « monsieur huile dans des rouages », lui soutenait exactement le contraire. « Des rendez-vous, il allait en accorder prioritairement í tous les recalculés. Mais í ce jour personne n’a réussi í en obtenir un. Ni í Paris, ni en banlieue, ni en province, ni par téléphone, ni de visu », confirme Amandine.

Les dysfonctionnements loin de cesser, ont redoublé depuis l’erreur informatique repérée : « Du jour au lendemain, nous avons vu, nos indemnités amputées de prélí¨vements importants, voire totalement suspendues pendant un mois, parfois 4 í 5 mois », raconte Valérie. « En toute illégalité » jusqu’í ce que les nombreuses interventions de la CIP conduisent í des reversements. La machine í prélí¨vement ne s’arríªte pas pour autant « et Pí´le Emploi nous assure maintenant que le rí¨glement de la dette n’aura pas lieu avant janvier 2010 », précise Laurent de la CIP.

En gage de sa bonne foi, la direction vient d’accorder aux recalculés une remise de dettes de 650 €. Pendant des mois, Amandine et les autres ont dí » gérer leur trésorerie (évaluation de garde d’enfant, impí´ts et barí¨mes CAF, crédits dans certains cas) í partir de données fausses, pourtant confirmées. Amandine commente : « 650 € seulement alors que l’erreur vient d’eux, et d’eux seuls ? Beaucoup d’entre nous n’ont pas retrouvé de boulot aprí¨s leur maternité, ou pas suffisamment. Comment rembourser de telles sommes ? ».

Ce matin, Elise est venue avec un courrier. Elle a reí§u une mise en demeure de payer l’intégralité de ce qu’elle doit avant le 10 octobre... « Ah non, s’insurge la directrice, c’est impossible, ces courriers auraient dí » íªtre bloqués ! ». Dans le Pí´le emploi occupé, on sort des petits pots pour faire patienter la marmaille, les portables pour joindre le médiateur et la direction régionale. La directrice flanquée d’un agent í¨s calculs plonge dans les dossiers en s’excusant « í mon niveau, je ne peux rien » puis s’étonne : « mais vous n’íªtes pas au courant qu’une commission paritaire, réunie la semaine dernií¨re, a décidé de diviser votre dette par deux ? ». Adultes et enfants grimacent. Personne ne les a mis au courant. Pendue au téléphone, Amandine allaite en posant les conditions d’un prochain rendez-vous avec la direction régionale. Il aura lieu quelques jours plus tard. Le médiateur, présent, aura cette réflexion de circonstance : « vous pouvez voir ce point avec votre conseiller Pí´le Emploi ! ». Réponse : « puisqu’on vous explique qu’on a plus de conseiller et que c’est justement í§a qui cloche ! »

Deux jours aprí¨s, le 14 octobre dernier, c’est l’Unédic qui va trancher « l’affaire des recalculés » : aucune autre remise de dette ne sera accordée aprí¨s celle de 650 €. Les dossiers seront désormais traités individuellement, au cas par cas. « Et les 50% de remise annoncés, ils les rayent d’un coup de crayon !? ». Pour Amandine, l’affaire est entendue : « beaucoup d’entre nous n’ont toujours pas bénéficié des 650 € de remise exceptionnelle alors qu’ils en ont fait la demande... alors prétendre vouloir gérer les dossiers au cas par cas, c’est scandaleux ! ». Enií¨me explication de la directrice, ce jour-lí  : « Mais vous avez pourtant toutes dí » recevoir une lettre vous accordant cette remise... »

Nadya Charvet
Metis, correspondance européenne du travail


Un collectif informel d’une quarantaine de personnes concernées a pu se constituer et la coordination a simplement joué son rí´le d’appui dans la défense des droits.

Des précisions sur ce litige, les actions, et la question plus générale des indus : Recalculé(e)s Pí´le emploi : occupation í Vicq d’Azir

Vous trouverez l’« Instruction PE n°2009-223 du 23 juillet 2009 (BOPE n°2009-62), Traitement des trop-perí§us pour un groupe particulier d’intermittents du spectacle générés par suite d’une erreur de traitement informatique », avec l’article Recalculé(e)s : Occupation du Pí´le Emploi rue de Malte í Paris, nous exigeons l’annulation des « indus »


Pour ne pas se laisser faire, agir collectivement, construire une puissance du nous :

Permanence CAP d’accueil et d’information sur le régime d’assurance-chí´mage des intermittents du spectacle, lundi de 15h í 18h. Envoyez questions détaillées, remarques, analyses í cap cip-idf.org

Permanences précarité, lundi de 15h í 17h30. Adressez témoignages, analyses, questions í permanenceprecarite cip-idf.org

í€ la coordination des intermittents et précaires, 14 quai de charente, Paris 19e, M° Corentin Cariou, ligne 7, Tel 01 40 34 59 74





Retour en haut de page

 

Retour en haut de page

Commissions | Compte-rendus | Communiqués | Actions ! | Photos, sons, vidéos
Textes officiels | Nouveau modèle | Coordination nationale | Liens | Archives
Accueil | Plan du site | Contact
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
SPIP | squelette | | Suivre la vie du site RSS 2.0